Portraits des grands photographes
« Pour moi, l’appareil est un
véritable aimant. Il vous donne envie d’enfermer le monde entier dans cette
petite boîte, avec tous les détails significatifs qui font le charme de
l’existence.
Photographier, c'est une attitude, une façon d'être, une manière de vivre.»
Henri Cartier-Bresson (1908 - 2004)

Rue Mouffetard, Paris, 1954. H. C-Bresson
FELIX NADAR
(1820-1910)

Nadar
Pseudonyme de Félix Tournachon, photographe,
aéronaute, dessinateur et écrivain français, qui fut, en matière de
photographie, l'un des plus grands innovateurs de la fin du XIXe siècle.
D'abord journaliste et caricaturiste, il collabora à de nombreuses revues, dont
le Charivari et l'Éclair. L'idée d'une grande lithographie, le Panthéon Nadar,
représentant trois cents célébrités françaises, l'amena à la photographie en
1853. Inspiré par Talbot, Bayard, Niepce et Le Gray, ses portraits de Alfred de
Vigny, Théophile Gautier, Baudelaire, Jules Michelet, Rossini ou Gustave Doré le
rendirent célèbre.
Auteur de la première photographie aérienne du monde à bord de son ballon le
Géant (1858), il fit, deux ans plus tard, les premières expériences de
photographie artificielle avec des piles Bunsen.
En 1861, il déposa son brevet de photographie à lumière artificielle.
En 1865, il fit le premier reportage sur les égouts et les catacombes de Paris.
En 1874, afin d'aider ses amis peintres, il organisa la première exposition
impressionniste, réunissant dans son atelier à Paris, Monet, Degas, Pissarro,
Cézanne...
JACQUES-HENRI LARTIGUE
(1894-1986)

Florette
1944 Le décollage du ZYX
24, Rouzat, 1910
"Je ne suis pas
photographe écrivain peintre, je suis empailleur des choses que la vie m'offre
en passant ! Et répétait à qui croyait avoir fait une photo ratée : les insuccès
sont tout à fait naturels. Ils sont une bonne leçon. C'est pourquoi il faut
aussi conserver les photographies peu satisfaisantes car, dans trois, cinq ou
dix ans, on y découvrira peut-être quelque chose de ce qu'on avait éprouvé
jadis." - J.-H. Lartigue
ROBERT DOISNEAU
(1912-1994)

Le baiser de l'hôtel de ville-1950 Ecole rue Buffon, Paris V, 1956
Le diplôme de graveur
- lithographe en poche, Robert Doisneau est formé à la photographie par André
Vigneau. Il devient rapidement photographe indépendant pour l'agence Rapho. Il
vend ses clichés à des magazines aussi divers que 'Le point', 'Vogue', 'La vie
ouvrière'... et reçoit le prix Kodak en 1947 et le prix Niepce en 1956.
Robert Doisneau se définit lui même plus comme étant un « pêcheur d'images »
plutôt qu'un « chasseur d'images ». Doisneau est un passant patient qui conserve
toujours une certaines distance vis à vis de ces sujets. Il guette l'anecdote,
la petite histoire. Ces photos sont souvent empreintes d'humour mais également
de nostalgie et d'un peu d'ironie.
Il a beaucoup travaillé sur Paris et son petit peuple : artisan, clochard,
gamin, bateleur etc...
Il enregistra pendant près d'un demi-siècle, des milliers d'image d'un Paris
aujourd'hui disparu.
Il a immortalisé Braque, Picasso, Giacometti, Léger, Caré...
Emprunte de tendresse, de poésie et d'une grande part de nostalgie son œuvre
connue sur le tard un immense succès.
JEAN DIEUZAIDE
(1921-2003)

La petite fille au lapin. Nazaré, Portugal, 1954 Dali dans l'eau. Cadaguès, Espagne, 1953
Ce personnage formidablement
attachant est "tombé" très tôt dans la photographie, vers l'âge de 9 ans, au
début des années 30.
Un temps, il abandonne la photo, se passionnant pour l'aviation. Mais un jour,
passant et repassant devant la vitrine d'un photographe cannois, Jean Dieuzaide
retrouva le chemin de sa vocation. Désormais, il ne quittera plus le merveilleux
univers de la photo. Ses premiers sujets ? Les copains, "fixés" lors de
surprises-parties.
"Yan" passe ensuite au paysage avec du papier de bonbons, orangé ou rouge,
glissé devant l'objectif en guise de filtre ! Et il réalise son premier vrai
reportage en août 1944, lors de la libération de Toulouse. De ce reportage
mouvementé, seules quelques images ont été sauvées. Elles seront publiées par
"La Dépêche" : une première vers la reconnaissance de son talent.
Reconnaissance rapidement confirmée, grâce à un portrait du général De Gaulle,
réalisé place du Capitole à Toulouse, alors qu'il était interdit d'approcher à
moins de 10 mètres pour des raisons de sécurité. La carrière de
reporter-photographe commençait vraiment.
Sa passion pour l'aviation lui ouvre de nombreux reportages chez les industriels
toulousains. La notoriété aidant, le travail de commande augmente, assurant son
indépendance, ce qui est pour lui une "condition essentielle".
Commencent alors les travaux d'illustration pour l'édition, qui l'occupent
plusieurs années. Refusant de s'enfermer dans un style, il travaille avec le
même bonheur, le paysage, le portrait, la photographie d'architecture.
En 1951, Arthaud lui commande une série de reportages sur l'Espagne. Attiré
depuis toujours par l'au-delà des Pyrénées, Jean Dieuzaide rapporte de ce
périple ibérique quelques-unes de ses plus belles images. Par ailleurs, aucun
sujet n'effraie le photographe, qui exerce parfois au mépris de tout danger.
Toujours avide de nouveauté, il fait construire, selon ses indications, un
caisson étanche pour réaliser des photos sous-marines, qui sont publiés à la une
de "Photo Cinéma" en 1947.
